Autres bébêtes sauvages
Avril a déjà posé ses valises. Au loin, on entend les vagues se fracasser dans une gerbe d’écume qui vient embrasser le rivage. La brise marine caresse tendrement le visage, séquestrant au passage quelques milliers de grains de sable à la dune, qu’elle déposera à l’orée de la pinède. Avant nous autres bipèdes, une pléiade d’animaux sauvages a foulé cet immense dôme sableux : sangliers, chevreuils, renards, et même des lézards. En voici un d’ailleurs, qui bronze nonchalamment parmi les oyats. Un vrai petit Godzilla, vu de près !
Laissons-le profiter de cet élan de douceur…
Plus tard, à quelques encablures d’ici, maman Vipère me fixe avec méfiance. Sa langue intrigante n’est qu’à un mètre seulement de mon nez : elle fait connaissance avec l'intrus qui l'a découverte par mégarde. Mais, plus peureuse que dangereuse, elle préfère la fuite à l’attaque, cherchant alors l'issue de secours la plus proche… Juste au-dessus d'elle, une boule de poils roux nous espionne : prudent mais curieux, l'Ecureuil ! Lui comme tous les autres n'envisage qu'une chose :
survivre dans un monde de plus en plus restreint...
Ne méprisons pas ce que nous ne connaissons pas : apprenons, au contraire,
à respecter chaque forme de vie !